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(In)égalités femmes / hommes : histoire, fantasmes et réalités

Écrit par Mounir Belhidaoui

Droit et lois ont-ils un sexe ?

Droit et lois ont-ils un sexe ? par Mounir Belhidaoui


Avril 1944, mai 1968, Janvier 1975… Ces dates ne vous disent rien ? Sans elles, les femmes ne pourraient ni s’affranchir de l’autorité de leur mari, ni voter, ni avorter. Des droits, acquis pour la plupart sur moins d’un siècle.

Mais pour que l’égalité Hommes/Femmes prenne son essor, il aura fallu de nombreux débats auxquels penseurs, philosophes, femmes, mais de nombreux hommes également, auront donné une consistance intellectuelle. Comme Saint-Just qui, dans son Esprit de la révolution (1790), mentionne que « chez les peuples vraiment libres, les femmes sont libres et adorées. » D’autres ne furent pas de cet avis, ainsi Napoléon Bonaparte, qui affirmera que « les femmes sont l’âme de toutes les intrigues ; on devrait les reléguer dans leur ménage ; les salons du gouvernement devraient leur être fermés ». Rien que ça.

Entre égalité, parité et sexisme, de Christine de Pizan à Yvette Roudy, de l’Égalité des hommes et des femmes de Marie de Gournay à Hubertine Auclert et son journal La Citoyenne fondé en 1881, d’Olympe de Gouges à Simone Veil, cette lutte pour l’égalité, et les acquis obtenus par les femmes auront bien entendu profité aux hommes.
Une lutte qui dépasse nos frontières, et où l’on apprendra par exemple qu’au Canada, aucune loi ne punit les violences conjugales, ou que Recep Tayyip Erdogan, le président turc, a déclaré que l’égalité Hommes/Femmes était « contraire à la nature humaine ». Du Napoléon dans le texte.

Égaux et dissemblables

Aux fondements de leur apparition, l’homme et la femme ont cultivé avec le temps des rapports pour le moins tumultueux, parfois apaisés et sereins, parfois iniques et violents. De cette lutte inconsciente, des déclinaisons en termes précis sont apparus pour qualifier la relation homme/femme. Ces termes, vous allez le voir, sont bien contemporains, inventés par des sociologues ou des mouvements revendiquant le droit des hommes et des femmes. Respect Mag en a choisi 3, le liant avec une actualité qui ne cesse jamais de raconter son histoire.

SEXISME

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Dans son puissant essai intitulé « Le deuxième sexe », paru en 1949, Simone de Beauvoir décrit François Poulain de la Barre comme étant « un féministe peu connu du 17ème siècle ». A raison. L’auteur de L’égalité des deux sexes, paru anonymement d’abord en 1673, puis réédité, a marqué l’histoire du genre. Dans un propos qui détonne à une époque où la femme est encore confinée dans le rôle de subordonnée, Poulain de la Barre nous dit ceci :

« De tous les préjugés, on n’en a pas remarqué de plus propre à ce dessein que celui qu’on a communément sur l’inégalité des deux sexes. » L’égalité idéale serait de permettre la visibilité, la responsabilisation des deux sexes dans toutes les affaires qui régulent notre pays, à tous les niveaux : monde du travail, éducation, sport, etc. Elle se traduit, donc, par une participation active des hommes et des femmes à la vie sociale. Elle doit aussi être soutenue par un cadre juridique : des lois existent à cet effet, on pense par exemple à celle du 4 août 2014, qui encourage à étendre à tous les champs de responsabilité le principe de parité, et en particulier incite les pères à prendre un congé parental. Le temps nous dira si ces volontés historiques conjuguées à la solidité juridique autour de l’égalité seront efficaces.

ÉGALITÉ

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Mardi 5 mai 2015, quarante femmes journalistes cosignent une tribune parue dans le journal Libération. Elles y dénoncent les remarques déplacées, voire méprisantes, dont elles font l’objet par des hommes politiques. Cette Une, intitulée « Bas les pattes » fait l’effet d’une petite bombe dans les couloirs de l’Assemblée Nationale. Une illustration parfaite de ce qu’est le sexisme. C’est un terme qui fut imposé par les féministes dans les

années 70, et qui reste aujourd’hui gravé dans le marbre. Le sexisme peut se manifester par un comportement, un geste, qui soulignerait le droit d’un sexe à se sentir supérieur à l’autre. Et de ce point de vue, misogynie et misandrie sont autant concernés. Publicité, médias, politique, médecine : le sexisme existe partout. Dimanche 9 août, à l’occasion de la journée de la femme, la marque de stylos Bic voulait bien faire en élaborant une campagne intitulée : « Sois féminine, agis comme une dame, pense comme un homme et travaille comme un patron ». Une maladresse immédiatement dénoncée, notamment sur les réseaux sociaux. Le sexisme continue d’être une lutte de tous les instants.

PARITÉ

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La parité est un combat âgé de près de 200 ans. D’Olympe de Gouges et sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791) à l’accord du droit de vote aux femmes en 1944, il reste encore beaucoup à faire. Le 6 juin 2000, une loi est votée qui instaure la parité, notamment au sein des milieux politiques où le sujet est presque tabou. Cette loi oblige les partis politiques à inscrire autant de femmes que d’hommes sur les listes électorales. 15 ans après,

on constate que cette loi a plutôt été efficace concernant les assemblées municipales, régionales, européenne), ce qui n’a pas été le cas de l’Assemblée Nationale et le Sénat. Décrite comme révolutionnaire lors de sa promulgation, cette loi présente un bilan en demi-teinte. La volonté de François Hollande d’inscrire la parité comme exigence à la constitution du gouvernement est un progrès significatif. D’autres sont attendus…

Histoire des droits et des inégalités entre hommes et femmes

La femme a-t-elle toujours été l’avenir de l’homme ? En guise de réponse, nous pencherions plutôt vers la négative. Aujourd’hui, d’incontestables progrès ont été constatés concernant la parité, l’égalité. Mais bien des problèmes, des questionnements, des reculs subsistent. Pour les femmes, hier fut pire qu’aujourd’hui. Retour sur des siècles de luttes qui ont fait des femmes les amazones de leurs propres acquis, qui ont dû chercher par elles-mêmes des droits que, longtemps, les hommes ont considéré comme abracadabrantesques. Cette frise vous conte l’histoire des victoires des femmes françaises.


585 : Le Concile de Mâcon

L'existence d'une âme chez la femme aurait été discutée lors du Concile de Mâcon pour clarifier la distinction entre les termes « homo » (être humain) et « vir » (homme mâle).

1405 : Christine de Pizan

Christine de Pizan (1364-1430), philosophe, poète, est peut-être la première femme française de lettres à vivre de sa plume. C’est dans La Cité des Dames, qu’elle dénonce la misogynie des clercs, indignée par les discriminations dont les femmes sont l’objet.

1622 : Marie de Gournay

Dans son Égalité des hommes et des femmes, Marie de Gournay (1565-1645) femme de lettres proche du philosophe et moraliste Michel de Montaigne (1533-1592), demande un meilleur accès à l’instruction pour toutes les femmes. Elle prend position dans le débat naissant sur la place de la femme, soutenant que celle-ci n’est pas inférieure à l'homme par nature mais du fait de son éducation.

1789 : Marche des femmes

La Marche des femmes de Paris à Versailles. Le roi doit rejoindre Paris. « Les hommes prennent les Bastilles, les femmes prennent les rois » (Jules Michelet).

1791 : Tous égaux à la naissance

Le droit d'aînesse masculin est supprimé par la loi. Tous les enfants sont désormais égaux devant la succession, quel que soit leur rang de naissance et leur sexe.

1792 : Le suffrage universel

Instauration du suffrage « universel » ; les femmes sont toujours exclues de la citoyenneté au même titre que les mineurs, les domestiques, les aliénés et les religieux cloîtrés. Les femmes de Paris coiffées d’un bonnet rouge prennent d’assaut le Conseil général de la Commune de Paris, avec à leur tête, Claire Lacombe (1765-1798), actrice, militante révolutionnaire et féministe. Elles sont repoussées aux accents d’un discours clairement misogyne du procureur général Chaumette. Dans la foulée de ce coup de force, un décret de la Convention montagnarde interdit tous les clubs politiques de femmes.

1804 : La femme jugée incapable

le Code civil français déclare la femme incapable juridiquement ; elle est sous l'autorité de son père puis de son mari. En revanche, la veuve jouit, en théorie, de la plénitude de ses capacités juridiques, droit de vote exclu. En effet, la veuve ayant eu des enfants reste surveillée par un Conseil de famille composé de membres de la famille de son mari. Napoléon, en homme de son temps, n’est pas très sensible à la cause féministe et déclare « je n’aime pas les femmes qui se mêlent de politique »

1832 : Premier quotidien féministe

Fondation du journal La femme libre. Il faudra attendre 1881 pour lire La Citoyenne, journal lancé par la militante féministe Hubertine Auclert (1848-1914) et qui sera publié de 1881 à 1891. C’est d’ailleurs en 1891 que Maria Martin (1812-1891) crée Le Journal des Femmes (1891-1911). En 1897, fondation du journal quotidien féministe La Fronde par Marguerite Durand (1864-1936), actrice et féministe, qui quittera la scène pour se lancer dans le journalisme. La Française, diffusé de 1906 à1934, par Jane Misme (1865–1935) ouvrira les portes d’un journalisme féminin qui ne cessera de se multiplier.

1838 : Première école d'institutrices

Cette création a été favorisée par l'esprit de l'ordonnance royale du 23 juin 1836 étendant aux écoles de filles une partie des articles de la loi du 28 juin 1833 à l'exclusion, notamment, de ses articles 11 et 12 concernant la création d'une école normale (de filles) dans chaque département.

1848 : Les Vésuviennes

Les Vésuviennes, femmes parisiennes qui avaient pris les armes lors de la révolution de 1848, revendiquent une Constitution politique des femmes, le port du pantalon, l'accès à tous les emplois publics, civils, religieux et militaires. Ultra-radicales, les Vésuviennes desservent toutefois clairement la cause féministe en réclamant des réformes fantaisistes comme l’obligation du mariage féminin à 21 ans, la mise en place d’un service militaire obligatoire féminin, et le doublement du service militaire masculin pour les hommes qui refuseraient les tâches ménagères. Ces Vésuviennes sont tellement caricaturales qu’elles servent aux hommes hostiles à la cause féministe de parfait repoussoir.

1848 : Une femme aux législatives

Jeanne Deroin (1805-1894), ouvrière et lingère, tente de se présenter aux élections législatives. Elle avait obtenu son brevet d'institutrice en autodidacte et en 1831, avait rédigé un plaidoyer contre « l'assujettissement de la femme ». Le socialiste Proudhon est l’un des plus virulents opposants à cette candidature féminine : « L'humanité ne doit aux femmes aucune idée morale, politique, philosophique. L'homme invente, perfectionne, travaille, produit et nourrit la femme. Celle-ci n'a même pas inventé son fuseau et sa quenouille ».

1850 : La loi Falloux

La loi Falloux fait obligation pour les communes de plus de huit cents habitants d'ouvrir et d'entretenir une école publique de garçons comme de filles. La scolarité n'est cependant pas encore gratuite et obligatoire.

1851 : Projet de loi de Pierre Leroux

Le premier projet de loi proposant le droit de vote des femmes aux élections municipales voit le jour : on le doit à Pierre-Henri Leroux (1797-1871), éditeur, philosophe et politicien. Mais en 1875, la Constitution de la IIIe République confirmera la privation de leurs droits politiques.

1876 : Le Droit des femmes

Hubertine Auclert fonde Le Droit des femmes, groupe suffragiste qui devient Le Suffrage des femmes en 1883. Lors du congrès de Marseille, elle proclame : « Qui dit droit, dit responsabilité, la femme doit travailler, n'étant pas moins tenue de produire que l'homme, vu qu'elle consomme… qu'il y ait pour les deux sexes même facilité de production, et application rigoureuse de cette formule économique : à production égale, salaire égal ».

1879 : La loi Bert

La loi Bert rend obligatoire l'entretien d'une École normale de jeunes filles dans chaque département français.

1880 : Universités ouvertes aux femmes

Accès des femmes aux universités. La Sorbonne s'ouvre aux jeunes filles. La loi Camille Sée institue un enseignement secondaire féminin d'État. Ouverture de l’École normale des professeurs-femmes de Sèvres.

1881 : La loi Jules Ferry

L'enseignement primaire est désormais obligatoire, public et laïc pour tous les enfants : filles et garçons (loi Jules Ferry). Blanche Edwards (1858-1941) est reçue au concours de l'externat en médecine. Des étudiants brûlent son effigie boulevard Saint-Michel. Engagée dans des mouvements féministes, elle sera une remarquable physicienne et professeur de médecine.

1892 : Travail de nuit interdit

Le travail de nuit est interdit à toutes les femmes, quel que soit leur âge. Le port du pantalon interdit pour les femmes depuis le Directoire, est désormais possible à condition qu’elles tiennent à la main une bicyclette ou un cheval (cette loi n’a été abrogée qu’en 2015…). Dans les faits, l'usage se répandra dès les années 1920 pour devenir courant dans les années 1960.

1907 : Mariage = salaire

Loi sur les biens réservés pour que les femmes (mariées) puissent disposer librement de leur salaire.

1918 : Les femmes à l'Ecole Centrale

L'École Centrale est ouverte aux femmes. Puis, ce sera au tour de l'École supérieure de chimie de Paris et l'École supérieure d'électricité. Ce n’est qu’en 1924 que le décret Bérard institue des horaires et des programmes d'études identiques dans les établissements secondaires de garçons et de filles, ce qui permet une équivalence entre le baccalauréat masculin et féminin. Un an plus tard, en 1925 l’École polytechnique féminine est ouverte, mais il faudra attendre 1959 pour que l'École des ponts et chaussées s’ouvre aux femmes et 1970, pour l'École polytechnique.

1938 : Fin de l'obeissance au mari

L'article 213 du Code Civil de 1804 est réformé et supprime l'incapacité juridique des femmes. Elles ne doivent plus obéissance à leur époux.

1944 : Deux femmes au Parlement

Dans la France Libre de 1943, Marthe Simard (1901-1993), qui fonde le Comité France Libre de Québec, et Lucie Aubrac (1912-2007), une jeune résistante licenciée en lettres, sont nommées membres de l'Assemblée consultative provisoire. C'est la première fois qu'une femme siège dans une assemblée parlementaire française. Dans le même temps, dans la France occupée, un décret-loi de Vichy rend très restrictif l'accès des femmes à l'emploi public.

1944 : Droit de vote pour les femmes

France Libre. Vote de l’Assemblée réunie à Alger du droit de vote pour les femmes par 51 voix sur 67. Le 21 avril, après un vote de l’Assemblée réunie à Alger, De Gaulle signe l’ordonnance donnant le droit de vote et l'éligibilité aux femmes (cf. : ordonnance du 21 avril 1944). En novembre, l'Assemblée consultative provisoire compte dix femmes.

1945 : Suppression du salaire féminin

La notion de « salaire féminin » est supprimée. « À travail égal, salaire égal » s'inscrit dans la législation française. Plusieurs lois rappellent ce principe en 1972, 1983 et 2005, notamment. En octobre : premier vote féminin lors d'un scrutin national : 34 femmes élues membres de l'Assemblée nationale constituante.

1946 : Egalité des droits

Le principe d'égalité des droits entre hommes et femmes est posé dans le préambule de la constitution.

1948 : Les droits de l'homme

À l’ONU, la Déclaration universelle des droits de l'homme reconnaît la pleine égalité entre hommes et femmes. Quelques pays ne ratifient pas la DUDH, en raison précisément de cet article, et beaucoup d'autres n'ont toujours pas harmonisé leur droit interne à la DUDH.

1963 : La mixité dans les écoles

La mixité des élèves est instituée, par décret, comme le régime normal des Collèges d'enseignement secondaire.

1970 : Le Mouvement des Femmes

Le Mouvement des Femmes (futur MLF) voit le jour un an après les évènements de mai 1968. Première action d’éclat le 26 août 1970 avec 8 femmes (dont Monique Wittig) déposant au pied de l’Arc de Triomphe des fleurs pour la veuve du soldat inconnu.

1971 : Le Manifeste des 343

Publication dans Le Nouvel Observateur du « Manifeste des 343 » regroupant les signatures de 343 femmes affirmant avoir été avortées et appelant les autorités à prendre en compte cette réalité : les femmes avortent, et souvent dans des conditions de sécurité lamentables. Le « Manifeste des 343 » réclame l’avortement libre.

1975 : Les lois Veil et Habby

Promulgation de la loi Veil autorisant l'interruption volontaire de grossesse. La loi Habby, en créant le collège unique, réaffirme l'obligation de mixité dans l'enseignement primaire et secondaire, tant pour les élèves que pour les enseignements : « Tout enseignement et toute spécialité professionnelle… sous réserve des dispositions du Code du travail, sont accessibles aux élèves des deux sexes ». La loi sanctionne désormais les discriminations fondées sur le sexe, en particulier en matière d'embauche, et garantit l'accès à l'emploi des femmes enceintes. La loi soumet à un accord commun entre les époux le choix du domicile conjugal. La loi supprime également la possibilité laissée au mari de contrôler les correspondances de son épouse. Ouverture du « refuge Flora Tristan » pour femmes battues à Clichy.

1979 : L'ONU contre les discriminations

À l’ONU, adoption de la résolution 34/180 du 18 décembre 1979 relative à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, connue aussi sous le nom de Convention CEDAW (Convention on the Elimination off all forms of Discimination Againts Women). Ouverture des ratifications (entrée en vigueur en 1981).

1983 : La loi Roudy

Loi Roudy sur l'égalité professionnelle hommes/femmes. Rappel de la notion « à travail égal, salaire égal ». Suppression de la notion de « chef de famille » en droit fiscal. Ratification par la France de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

2003 : Ni putes, ni soumises

Fondation de l’association « Ni pute, ni soumise ». Ce mouvement mixte dénonce la situation des filles et des femmes dans certains quartiers difficiles

Ces philosophes envers et contre tous

Montaigne, Stendhal ou encore Victor Hugo, ils sont nombreux à s’être prononcés en faveur de l’égalité homme/femme. Dans des temps où la femme était encore perçue comme une tentatrice ou une courtisane, quand on ne doutait pas simplement qu’elle ait une âme, des écrivains allèrent à rebours des idées préconçues. Ils ne furent pas toujours soutenus, notamment par Bonaparte ou Schopenhauer qui ne furent pas tendres, dans leurs écrits, avec la gent féminine. Florilège de petites phrases des « bons » et mauvais élèves parmi nos savants historiques.


« Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles »

« La femme a tout contre elle, nos défauts, sa timidité, sa faiblesse » « L'amour a été inventé par les femmes pour permettre à ce sexe de dominer, alors qu'il était fait pour obéir »

« Tous n’ont-ils pas violé le principe de l’égalité des droits, en privant tranquillement la moitié du genre humain de celui de concourir à la formation des lois, en excluant les femmes du droit de cité ? Est-il une plus forte preuve du pouvoir de l’habitude, même sur les hommes éclairés, que de voir invoquer le principe de l’égalité des droits en faveur de trois ou quatre cents hommes qu’un préjugé absurde en avait privés, et l’oublier à l’égard de douze millions de femmes ? »

« Les femmes sont l’âme de toutes les intrigues ; on devrait les reléguer dans leur ménage ; les salons du gouvernement devraient leur être fermés »

« Chez les peuples vraiment libres, les femmes sont libres et adorées »

« Il ne devrait y avoir au monde que des femmes d'intérieur, appliquées au ménage, et des jeunes filles aspirant à le devenir, et que l'on formerait non à l'arrogance, mais au travail et à la soumission »

« L'admission des femmes à l'égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain »

« L'humanité ne doit aux femmes aucune idée morale, politique, philosophique. L'homme invente, perfectionne, travaille, produit et nourrit la femme. Celle-ci n'a même pas inventé son fuseau et sa quenouille »

« Une moitié de l’espèce humaine est hors de l’égalité, il faut l’y faire rentrer : donner pour contrepoids au droit de l’homme le droit de la femme »

« À aucune époque le sexe faible n’a été traité avec autant d’égards de la part des hommes qu’à notre époque. C’est une conséquence de notre penchant et de notre goût foncièrement démocratique, tout comme notre manque de respect pour la vieillesse. Faut-il s’étonner si ces égards ont dégénéré en abus ? On veut davantage, on apprend à exiger, on trouve enfin ce tribut d’hommages presque blessant, on préférerait la rivalité des droits, le véritable combat. En un mot, la femme perd de sa pudeur. Ajoutons de suite qu’elle perd aussi le goût. Elle désapprend de craindre l’homme »


Le Monde des droits des femmes

Même si il est pionnier, le droit des femmes n’est pas qu’une affaire française. Si nous sortons de notre cher hexagone, nous constatons que dans d’autres pays (Libye, Inde, Chili,…) les femmes se battent parfois contre beaucoup plus fort qu’elles dans la revendication de leurs droits, pourtant élémentaires. Il y a de très mauvais élèves dans cette carte que Respect Mag vous a concocté. Elle recense des cas allant du problématique au très grave, de part et d’autre du globe. Triste tout du monde des causes perdues.

Carte du monde interactive des inégalités entre hommes et femmes