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L’apparence physique mise à nu: histoire et actualités d’une discrimination

Écrit par Charline Fornari

Faut-il légiférer ?

Faut-il légiférer ? par Charline Fornari


Enracinée dans nos relations sociales, les discriminations liées à l’apparence physique sont parfois difficiles à reconnaître et identifier. A l’origine d’inégalités et de souffrance, ces discriminations sont soumises à un cadre juridique précis. Mais quel est l’impact de cette législation ? Quelles sont ses limites? Et dans quelle mesure une loi peut-elle faire évoluer les mentalités au sein de la société ?

L’apparence physique est révélatrice de divers motifs de discrimination tels que l’origine ethnique, la religion, le sexe, l’orientation sexuelle, l’âge, le handicap, etc. Ces motifs forment les bases d’idéologies comme le racisme, le sexisme ou l’homophobie. En France, ces discriminations sont fermement condamnées car elles ne répondent pas au principe d’égalité des droits. L’état engage des politiques de lutte contre ces discriminations, établit des lois qui sanctionnent les discriminants et prend même parfois des mesures de « discrimination positive ».

Préjugés et stéréotypes au cœur de la discrimination

Le regard porté sur l’apparence physique (silhouette, taille, poids, traits de visage…) se retrouve souvent alimenté de préjugés. Chacun analyse les caractéristiques physiques de son voisin pour se représenter des codes et des stéréotypes qui y sont associés. Cette déduction arbitraire va même jusqu’à attribuer des traits de personnalité. Ainsi, une personne corpulente sera accusée de ne pas être dynamique, voire fainéante. Cela peut aller plus loin. Vous avez les traits d’un asiatique ? Vous risquez alors d’être agressé par des délinquants qui s’imagineront que vos poches sont remplies de billets de banque.

Des cas de discrimination partout en France


Des discriminations soumises à un cadre juridique précis

Le premier article de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 apparaît comme une prémisse en matière de législation sur les discriminations en France. Depuis, de nombreux textes internationaux et européens sont venus influencer l’évolution du cadre juridique français sur le principe de non-discrimination (La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le traité de Rome, le Pacte de 1966…). En 2000, la France doit s’aligner et transposer en droit national les directives européennes 43 et 78. C’est dans ce contexte que la loi du 16 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations voit le jour et que la HALDE, la Haute Autorité de Lutte contre les Discrimination et pour l’Egalité, et plus tard le Défenseur des Droits, sont créés.

Ce que dit la loi
Aux termes de l’article 225-1 du code pénal, « constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »

20 critères de discrimination interdits par la loi française

Cette loi nationale fixe vingt critères de discrimination, dont l’apparence physique, et cinq domaines où toute forme d’inégalité de traitement est prohibée : l’emploi, le logement, l’éducation et la formation, l’accès aux biens et services publics ou privés et l’accès aux soins et aux services sociaux. Les auteurs de discrimination avérée, à la suite d’un procès au pénal, encourent jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. Si les auteurs ont agi comme agents publics ou responsables d’un lieu accueillant du public, les peines encourus peuvent atteindre 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende.

Zoom sur le Défenseur des Droits
Le Défenseur des Droits est une institution de l’Etat qui a la particularité de demeurer complètement indépendante. Créée en 2011, elle réunit : le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants, la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE) et la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS). L’institution possède une autonomie d’action qui la dégage de toute injonction du gouvernement ou d’une quelconque administration. Elle a pour objectif de défendre les personnes dont les droits ne sont pas respectés et permettre l’égalité de tous dans l’accès aux droits. De fait, elle lutte contre les discriminations en vertu de la juridiction française. Elle peut mettre en place une médiation, une transaction ou une action en justice.

La France devance l’Union Européenne sur la discrimination liée au physique

En établissant une liste de 20 critères, la France, comme la Belgique, devance le droit européen qui n’interdit pas les discriminations liées à l’apparence physique dans son dispositif de lutte contre les discriminations. Contrairement à la législation européenne, il est donc formellement interdit, en France de refuser l’embauche d’une personne obèse par exemple. En 2014, la Cour de justice de l’Union Européenne a été saisie par la justice danoise pour le cas d’un travailleur potentiellement licencié à cause de son obésité. Interdisant formellement les discriminations liées au handicap, la Cour a enjoint la justice danoise à déterminer si l’obésité du plaignant entrait dans ce critère de discrimination. Une avancée juridique qui ne concerne donc pas la France mais qui démontre que de tels cas de discrimination liés à l’apparence physique existent.

Les condamnations restent très faibles

Malgré un cadre juridique qui reconnait la discrimination comme infraction punissable, le dernier rapport du Défenseur des Droits indique que les discriminations n’ont pas reculé en France en 2014. Les statistiques nationales démontrent un très faible nombre de condamnations prononcées pour des infractions de discrimination et encore moins concernant spécifiquement une discrimination liée à l’apparence physique.

Ce constat s’explique en partie par la difficulté à prouver les comportements discriminatoires par les victimes, en charges de l’aménagement de la preuve. Mais au-delà de la difficulté à montrer une présomption de discrimination, encore faut-il s’engager dans une démarche juridique. La première étape, celle de la plainte de la victime, ne peut se faire sans que celle-ci reconnaisse et assume sa différence physique et le traitement injuste subi à cause de cette différence. Obtenir gain de cause requiert également une grande force de caractère et de l’énergie pour s’engager dans une lutte difficile. Mais le faible nombre de condamnations tient aussi du simple fait que tous les publics susceptibles de subir des discriminations ne sont pas forcément informés sur les recours juridiques possibles.

Les procès pour discrimination manquent d’impact

Quand malgré tout, un procès pour discrimination se tient, le Défenseur des Droits constate que l’impact de la procédure est loin d’être retentissant. Les condamnations ne sont pas exemplaires et, pour les grandes entreprises, les sanctions financières n’apparaissent pas suffisamment dissuasives. De même, en terme d’image, une condamnation pour discrimination a finalement peu d’effet. Les procès individuels semblent donc connaître des limites car elles ne reflètent pas des politiques de discriminations parfois menées à plus grande échelle. Pour riposter plus efficacement contre les pratiques discriminatoires, le CRAN, le Conseil représentatif des associations noires, préconisait il y a quelques années l’usage des actions de groupes. Arme de dissuasion qui a su faire ses preuves chez nos voisins européens, les « class action » viennent tout juste d’être approuvées par l’Assemblée Nationale, qui votait, le 10 juin dernier, une mesure encourageant ce type d’action pour les victimes de discrimination à l’emploi ou au logement. Ces recours collectifs permettront à une personne de poursuivre l’auteur d’une discrimination tout en représentant un grand nombre de victimes de cette même discrimination.

Dans sa définition de l’apparence physique, la loi du 16 novembre 2001 ne considère que les caractéristiques innées ou apparues indépendamment de la volonté de la personne, comme une tâche de naissance ou une cicatrice. D’autres caractéristiques, comme les tatouages, le style vestimentaire ou la coiffure, ne font pas partie de cette définition et ne sont donc pas des facteurs de discrimination interdits par la loi. Pourtant, d’après l’association Tatouage & Partage, à niveau égal, une personne dont les tatouages sont visibles aura 75 % de chances en moins d’être recrutée pour un poste, et 40 % de chances en moins d’obtenir un prêt auprès d’une banque.

Une loi peut-elle tout corriger ?

Au-delà des limites de la loi et de ses potentielles améliorations, la question est de savoir si un arsenal juridique viendrait à bout de toute discrimination liée à l’apparence physique. L’image des corps standardisés véhiculée par les médias participe à l’élaboration de canons de beauté dans notre société. Ces critères forment une norme esthétique intégrée dès l’enfance et donc ancrée au plus profond des mentalités. Dans quelle mesure un cadre juridique peut-il faire évoluer les mentalités ? Peut-on punir les préjugés et les stéréotypes basés sur la simple apparence physique ? Toutes les formes de discriminations n’entrent évidemment pas dans les domaines visés par la loi. Les discriminations dans les relations sociales, amicales ou amoureuses ne peuvent être examinées dans une cour de justice mais pèsent lourdement dans le quotidien des victimes de discrimination physique.

« Une loi ne peut être efficace sans changement d’attitudes au préalable »

Perte de confiance, effacement, dépression, troubles alimentaires sont autant de pénibles conséquences pour les victimes de discrimination physique. L’usure psychologique de ce genre de discriminations quotidiennes affecte forcément la réussite de cette personne dans un des domaines visés par la loi, la réussite scolaire ou professionnelle par exemple.
Pour Linda Fali, présidente de l’association Ni Putes Ni Soumises, « une loi ne peut être efficace sans changement d’attitudes au préalable ». Les associations engagées dans la lutte contre les discriminations en sont persuadées : une loi seule ne peut pas apprendre la tolérance. « Il vaut mieux éduquer, apprendre que la différence est une richesse pour nos sociétés, qu’elle est belle et saine, que l’être humain est riche de ce qui le particularise, que sa beauté n’est pas dans le stéréotype mais bien au fond de lui-même » affirme Bénédicte Louyer, atteinte d’albinisme oculo-cutané et vice-présidente de l’association GENESPOIR (association française des albinismes).
Si la loi ne met pas un terme aux discriminations liées à l’apparence physique, la sensibilisation des publics est-il l’espoir d’un avenir plus égalitaire ?

Les assos à l’assaut

En première ligne dans la lutte contre les discriminations, les associations recueillent les témoignages, dénoncent les inégalités, militent, manifestent, sensibilisent, informent. Qu’ils soient tatoués, en surpoids, de petite taille ou atteint d’une maladie rare, chacun donne son point de vue sur les actions à mener. Pour SOS Racisme, les lois sont suffisantes en matière de discriminations mais ineffectives et devraient donc être encore débattues. Ni putes Ni soumises incriminent les médias, la publicité et la mode dans la construction de l’image normalisée d’une beauté unique, éloignée de la diversité présente dans la société. Enfin, tous s’accordent sur la nécessité d’informer pour faire évoluer les mentalités et faire comprendre que la diversité est une richesse considérable pour notre société.

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
Lorsque l’on traite des discriminations liées à l’apparence physique, le tatouage et, dans une mesure moindre mais toutefois non négligeable, le piercing, font un peu office de cas d’école. On lit souvent le récit de candidats à un poste professionnel, se sentant dans l’obligation de camoufler leurs tatouages. Ces dernières années, des études menées par différents organes sont venues confirmer cette tendance. L’une d’elle dressait récemment le constat suivant : à niveau égal, une personne dont les tatouages sont visibles aura 75 % de chances en moins d’être recrutée pour un poste, et 40 % de chances en moins d’obtenir un prêt auprès d’une banque. Autre exemple, relayé cette fois par l’Obs : une enseignante de France aurait dû lutter pendant tout un trimestre pour faire taire les nombreuses plaintes des parents d’élèves centrées sur ses tatouages. En conclusion, la discrimination est réelle, présente. Mais si d’aucuns choisissent de voir le verre à moitié vide, j’ai choisi, pour ma part, de le voir à moitié plein. Oui, il y a des raisons d’être optimiste ! Le tatouage se démocratise, c’est indéniable : selon l’INSEE, un Français sur 10 arborerait un tatouage. J’ai l’impression que l’on se dirige, lentement mais sûrement, vers une "démarginalisation" du tattoo en France, et je m’en félicite.
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
L’association que je préside, Tatouage & Partage, lutte contre ce type de discrimination, d’abord en récoltant des témoignages. Par écrit comme par vidéo, nous invitons les membres de notre association (des tatoueurs professionnels, hommes et femmes) à nous confier leurs propres récits – ce qui a pu leur arriver, comme ce qui a pu arriver à leurs clients. Notre association signe également des partenariats avec des conventions de tatouage. En effet, ces événements, jadis réservés à ce que l’on pourrait appeler "un certain type de tatoueurs" entre guillemets, traduisent eux aussi une véritable démocratisation du tatouage : il n’est pas rare d’y croiser séniors de toute classe, et jeunes enfants. Enfin, Tatouage & Partage milite pour la création d’un véritable statut pour les tatoueurs, moyen primordial de lutter contre la discrimination dont font trop souvent l’objet les professionnels du tatouage.
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
Oui, j’estime qu’il faut légiférer. La discrimination à l’embauche, pour sa part, est déjà répréhensible pénalement. Mais dans les faits, il est souvent compliqué de faire condamner un recruteur ayant refusé d’employer une personne parfaitement compétente, sous prétexte que celle-ci n’était pas du bon sexe, pas de la bonne couleur de peau… ou arborait un tatouage un peu trop visible. Je souhaiterais voir évoluer ces mesures grâce à des précédents forts, à des condamnations exemplaires. Je souhaiterais également voir partagée, dans les médias comme ailleurs, une meilleure connaissance du tatouage, loin des clichés dont il est trop souvent la victime : signe de membre de gang criminel (Tatouage & Partage consacrait d’ailleurs un article évoquant le sujet), perversion pour la santé, j’en passe et des meilleurs. C’est la solution-clé pour diminuer ces discriminations – à défaut de les faire cesser tout court.

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
De tous temps l’apparence physique a incité à la moquerie envers ceux qui sont « différents ». Mais depuis l’avènement de l’audiovisuel, l’image a favorisé davantage le « paraître » au détriment de « l’être ». La mode nous propose des stéréotypes qui appauvrissent la réalité de la diversité sociale et favorisent ainsi la discrimination vis-à-vis de ceux qui ne sont pas dans la « norme ». Certaines personnes albinos peuvent le ressentir tant le regard des autres est lourd de sens. Les noms d’oiseaux sont révélateurs : « Petit vieux » à un enfant de six ans ou à une maman promenant son bébé, « quelle idée de lui décolorer les cheveux à l’eau de javel !». Mais, on le sait, il n’y a pas que les personnes atteintes d’albinisme qui ont à supporter des discriminations pouvant aller jusqu’au harcèlement. Un nom de famille, une oreille décollée, des jambes trop grosses, tout peut être prétexte au rejet de l’autre parce qu’il n’est pas identique à son voisin.
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
Il est nécessaire de mettre très tôt des mots sur ce qui fait notre différence, en l’occurrence que l’albinisme est une condition génétique qui entraine un dysfonctionnement dans la fabrication du pigment qui colore la peau, les yeux, les poils et les cheveux : la mélanine. Les mots vrais, qui chassent les tabous, sont une base nécessaire. Il y a aussi l’humour sur soi-même qu’il faut vraiment cultiver car c’est une force irremplaçable. Quand le désir de « s’adapter » est là, il donne une envie de dépasser le handicap visuel qui est notre quotidien et de faire oublier nos difficultés à ceux qui nous entourent. Il est important encore de se rappeler que si l’on souhaite être respecté d’autrui, le devoir est réciproque. En tout cela, la vie associative est un moyen formidable qui donne l’occasion d’échanges informels, de groupes de paroles, d’informations, de stimulations pour se tenir à l’écoute de ce qui peut améliorer la vie quotidienne et donner envie d’aller vers ceux qui n’ont pas eu notre chance.
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
Légiférer en matière de discriminations sur l’apparence physique en France ? Pourquoi faire ? A mon avis, il vaut mieux éduquer, apprendre que la différence est une richesse pour nos sociétés, que cette différence ne peut que nous enrichir, qu’elle est belle et saine, que l’être humain est riche de ce qui le particularise, que sa beauté n’est pas dans le stéréotype mais bien au fond de lui-même. Chaque être humain est unique et demande à être considéré en tant que tel. C’est bien en ce sens que l’ONU a voté en 2013 une résolution qui reconnait que les agressions et discriminations dont sont victimes les personnes albinos dans de nombreuses Régions du monde (telle que l’Afrique) sont des crimes contre l’humanité. C’est dans cet esprit que c’est déroulé notre 1ère journée internationale de sensibilisation à l’albinisme ce 13 juin 2015.

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
Dans le contexte économique dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui, le souci de performance accroît le risque de discriminations quelle qu’elles soient. Concernant les discriminations liées à l’apparence physique, elles se manifestent particulièrement face à l’emploi. Le critère physique est un critère discriminant à l’embauche. De nombreux témoignages soulignent comment l’obésité représente un handicap lors de la recherche d’un emploi. Les « normes » physiques de nos sociétés, que nous avons construites, sont synonymes de bonne santé et donc de productivité. C’est pourquoi ceux qui ne remplissent pas les critères définis par la norme sont excluent du marché du travail. De manière plus générale, on est aujourd’hui stigmatisé, et parfois exclu, suivant son apparence physique. Les débats autour du CV anonyme et de la photo sur le CV rendent compte de cette problématique. Le Mouvement Ni Putes Ni Soumises s’étant toujours prononcé contre, les citoyens n’ont pas à dissimuler leurs apparences, leurs origines, leurs lieux de vie pour être recruter et la République avec un grand R doit être garante de cela.
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
La norme sociétale vers laquelle on tend, photos retouchées, « corps plastifiés », rend la vie difficile à toutes personnes qui n’y correspondent pas. La pression continue, dans les médias, du culte de la minceur comme idéal de beauté devient de plus en plus contraignante et dangereuse, notamment à l’adolescence puisqu’elle est d’autant plus forte. Nous accordons donc une importance toute particulière à l’éducation. En effet, elle est fondamentale pour la diffusion des valeurs de respect et de tolérance afin de neutraliser toutes discriminations. Nous organisons tout au long de l’année des interventions en milieu scolaire pour sensibiliser les jeunes aux risques et à la violence que peut causer les discriminations liées à l’apparence physique. Elles peuvent être sources de mal être parfois mortelles surtout chez les jeunes.
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
Une loi ne peut être efficace sans changement d’attitudes au préalable. C’est ce que l’association préconise une action sur les attitudes et les comportements à travers l’éducation et la sensibilisation. Pour que les mentalités changent il faut que chacun puisse s’identifier aux images diffusées. Le modèle unique de beauté, imposée par la société, est donc à bannir. L’image que véhiculent les médias, les publicités, la mode doit être représentative de la société dans son ensemble et non d’un type normalisé et « arrangé ». La promotion de la diversité physique et culturelle est la clé pour une prise de conscience générale.

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
Notre société actuelle est régie par la culture de la norme et de la beauté, et les médias sont les premiers à renforcer ce mouvement. La norme aujourd’hui, c’est être «grand». Bien que la notion de `différence’ imposée par le handicap existe, et que la société tente/semble mieux les intégrer, les préjugés rattachés au nanisme restent toujours une « difficulté » peu commune. Même si les personnes de petite taille mènent une vie relativement semblable à n’importe quel individu (emploi, vie de famille etc.), de nombreuses croyances et aprioris restent encore présents et peuvent porter préjudice au regard jeté sur leur « apparence ». Il est important de souligner que certaines représentations télévisées, cinématographiques ou encore même « artistiques », présentent trop souvent le nanisme comme quelque chose de fantasmagorique, ou comme étant un élément de fiction dépourvu de toute humanité, sujet au rire. Par conséquent, diverses discriminations peuvent se faire sentir dans différents types de rapport : -discrimination à l’embauche en terme d’évolution professionnelle. -discrimination en terme d’insertion en milieu scolaire. -discrimination sociale en terme de relation à l’autre.
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
Deux grands types d’actions sont menés par les bénévoles de l’association afin de lutter contre ce type de discrimination. Un premier est destiné aux adhérents (les personnes de petite taille et leurs familles). L’objectif principal de l’équipe reste de faire en sorte que chacun vive au mieux « la petite taille », afin de favoriser une image positive sur cette différence, et qui sera renvoyée à la société afin de permettre son intégration. Le deuxième touche le plan externe, où les différentes commissions, que constitue l’APPT, établissent des travaux de recherches sur toutes les problématiques actuelles qui s’attachent à l’accessibilité, la scolarité, l’embauche et l’éthique. Pour cela, l’association participe à plusieurs groupes de travail menés avec des acteurs tels que la SNCF ou la RATP sur la thématique de l’accessibilité afin de favoriser la « mobilité » des personnes de petite taille. Cela permet d’encourager l’équité devant une mobilité qui ne peut que réduire les différences et les discriminations qui en découlent. Elle met en place des campagnes de sensibilisation à travers la rédaction d’articles, d’évènements à titre caritatif afin de faire découvrir au public le nanisme en le communiquant de manière positive. Enfin, elle tient un travail de veille et de dénonciation des principaux médias ou actions portant préjudice aux personnes de petite taille, afin d’empêcher le discrédit et les discriminations subies sur le long terme et provoquées par ces derniers.
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
Sur ce plan juridique, les problématiques tiennent beaucoup au domaine de l’humour et de la sémantique. Masi les limites de l’humour sur la dignité et le respect des personnes de petite taille ne sont pas toujours évidentes. De plus, il faut bien dire que le terme « nain » souvent utilisé pour la description de cette « apparence » reste problématique car il sonne péjoratif et fait référence à des champs comiques et fantastiques qui ne vont pas dans le sens de l’intégration de la différence. Nous souhaiterions que la société change son regard sur la petite taille. Pour cela, il faut que le nanisme soit mieux connu, donc mieux communiqué et moins discrédité. Il faudrait également aller vers une uniformisation de la reconnaissance de la petite taille par la société (organismes sociaux, médicaux). Enfin, l’idéal serait qu’il y ait de nouvelles représentations de cette différence physique, autres que les actuelles (Mimie Mathy, les passes de Fort Boyard) qui n’apportent pas la meilleure des crédibilités, ni le meilleur modèle d’intégration.

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
Le Naevus géant Congénital est une maladie rare qui touche une naissance sur 50 000. Il s’agit de grains de beautés géants pouvant couvrir jusqu’à 90 % de la surface corporelle de l’enfant atteint. Devant ce physique particulier, nos enfants font bien souvent l’objet de réactions inappropriées pouvant aller jusqu’à un rejet social dans certains cas, comme nous avons pu malheureusement le constater même si ce n’est pas une généralité. Ces réactions vont du simple fait d’avoir à surmonter quotidiennement les regards insistants, de répondre aux questions indiscrètes, devoir faire face aux moqueries jusqu’à des exclusions. Nous avons malheureusement eu à déplorer quelques cas graves de discrimination tels que l’exclusion de piscines municipales par méconnaissance de la pathologie, de l’exclusion d’une crèche d’un de nos bébés sans qu’aucune raison médicale ne justifie cette décision ou encore de harcèlement d’adolescente ayant nécessité un changement d’établissement.
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
Nous luttons contre ce type de discrimination par l’éducation et l’information du grand public. Le souhait des associations de malades est en effet de faire connaitre la pathologie au plus grand nombre, convaincus que par l’information nous limiterons ainsi ces réactions si pénibles pour nos familles. Ces situations sont bien souvent liées à une curiosité naturelle qui disparait dès que la pathologie est connue et identifiée comme non contagieuse. Pour cela nous utilisons tous les supports possibles et dernièrement nous avons réalisé et édité une bande dessinée « Tout un Cirque » dont l’héroïne Anna est une petite fille atteinte. Cette BD est un outil précieux permettant aux familles de faire connaitre la pathologie au sein des écoles de leurs enfants tout en dédramatisant la situation par ce support ludique. Nous travaillons également à développer chez nos enfants des stratégies d’adaptation afin de savoir réagir et s’adapter à ces types de situations tels que : que faire lorsqu’on me dévisage, lorsqu’on me pose des questions indiscrètes ou encore si je suis victime de moqueries. Ces stratégies simples leur permettent de savoir comment se comporter dans les situations où le regard des autres les gêne tant. Ainsi au lieu de subir ces situations, nous pensons pouvoir leur donner des outils afin de s’adapter au regard des autres. C’est un de nos grands axes de travail actuellement. Cette approche leur permet également de gagner en confiance en eux et de devenir actif dans la relation.
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
Nous ne voyons pas très bien quel type de loi pourrait apprendre la tolérance et l’acceptation de la différence à nos concitoyens. En revanche éduquer et informer nous semblent plus efficace. Nous aimerions que les enseignants bénéficient d’une sensibilisation à ces techniques afin de savoir comment réagir lorsqu’ils accueillent au sein de leur classe un enfant présentant une dysmorphie. Ils sont actuellement totalement démunis dans ce type de situation. Cette information simple et rapide diminuerait et faciliterait grandement la vie de nos familles mais également des enseignants permettant à nos enfants de gagner en qualité de vie.

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
Si je prends l’exemple du monde sportif professionnel, quel que soit le type de sport, cela introduit une discrimination concernant le poids. Le corps considéré comme une machine doit être infaillible, résistant à toutes épreuves et surtout « parfait ». Souvent lors des sélections si vous êtes trop maigre on vous demandera de prendre du poids et trop gros on vous demandera d’en perdre. Les capacités ou l’intelligence passeront au deuxième plan, après le poids. Cette critique du poids tend vers une standardisation des corps, discriminant toutes les autres formes de corps. La critique du poids peut conduire dans certaines situations à l’apparition d’un trouble alimentaire.
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
Il est très difficile de pouvoir lutter contre cette discrimination tant le poids est devenu symbole d’une société contemporaine. Dans le Languedoc-Roussillon, une équipe intervient auprès des pôles espoirs et excellences lors de groupe de parole pour libérer la parole concernant les pressions subies sur les pesées, les critiques sur le corps qui peuvent se faire par le staff technique ou encore le public.
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
A ce jour, des équipes de soins spécialisés dans le sport et les troubles alimentaires militent pour un changement de réglementation selon les sports. L’absence des menstrues chez les femmes pour être un critère de mise en repos du sportif de manière temporaire. Les lois doivent être pensées avec les staffs, les sportifs et les professionnels médicaux pour développer un sport de la différence et de la diversité plutôt qu’un sport de la discrimination.

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
Ces discriminations sont de plus en plus importantes car elles sont permises et légitimées par une simplification et une confusion des messages de santé publique largement médiatisés et par une méconnaissance des parcours d’obésité dont on ne peut pas faire de généralités. Par exemple, manger 5 fruits et légumes par jour et bouger modérément peuvent être bons pour la santé mais ils ne suffisent pas à faire maigrir des personnes obèses. Les discriminations liées à l’apparence physique sont les seules encore autorisées actuellement. Concernant l’emploi, par exemple, les personnes obèses sont écartées lors de certains entretiens d’embauche en raison de leur apparence. Les nombreuses incitations à maigrir ou à rester mince (ou de poids standard) ne permettent pas d’intégrer des différences morphologiques possibles et acceptables. Or l’insatisfaction liée à l’apparence physique pousse à faire des régimes et à lutter contre son corps en essayant de le faire entrer dans la norme. De cette façon la stigmatisation s’auto-entretient et se développe puisque les personnes concernées elles-mêmes sont d’accord avec ces jugements négatifs et se les approprient.
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
Le GROS lutte depuis longtemps contre ce type de discrimination. Groupe de réflexion sur l’Obésité et le Surpoids, la discrimination a été et est toujours un sujet de réflexion et de sensibilisation dans les prises en charge proposées. La formation inclut une journée spécifique sur ce sujet en abordant les conséquences de la stigmatisation sur les personnes concernées : les problèmes d’estime de soi, de confiance en soi mais aussi les mécanismes de défense mis en place par les personnes qui complexifient les prises en charge. La formation sensibilise également les praticiens à leurs propres stéréotypes et préjugés, qui peuvent exister de façon inconsciente, en dépit d’une bienveillance dont on ne peut pas douter. Ces stéréotypes ont des origines anciennes et diverses qui alimentent des jugements plus récents en les amplifiant. En participant à cette prise de conscience les praticiens du GROS peuvent améliorer leur prise en charge spécifique en créant une alliance thérapeutique favorable.
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
Légiférer est rarement LA solution mais pourtant, dans ce cas il faudrait ajouter la discrimination liée à l’apparence physique dans tous les textes évoquant les discriminations. Ce serait déjà une reconnaissance nécessaire. Pour l’instant, les effets délétères de ces situations sur les personnes concernées sont méconnus. Les informations délivrées laissent supposer qu’avec de la volonté (et des efforts) on peut peser le poids que l’on veut (ce qui est faux). Cette discrimination est difficile à prouver mais toute situation pouvant être plaidée et aboutissant à une reconnaissance de la discrimination peut faire jurisprudence et s’avérer dissuasive dans certains cas. Un discours largement repris par les différents médias sur la diversité des poids en dehors de toute pathologie serait un bon début. Constater qu’en dépit des discours alarmistes et des peurs entretenues régulièrement, la solution pleinement satisfaisante pour que chacun atteigne un poids standard n’existe pas. Il y aurait donc lieu d’avoir une réflexion éthique pour ne pas nuire aux personnes non conformes et changer de perspective. L’intérêt d’un changement de cette réflexion transversale pourrait valoriser l’adaptabilité des personnes obèses à leur différence au lieu d’adhérer à cette discrimination culpabilisante et hontogène.

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
Les asiatiques en France, quel qu'ils soient de nationalité française ou résident, touriste ou homme d'affaires, sont devenus une cible facile et privilégiée de délinquants, tout simplement car nous avons le même visage (des yeux bridés). Nous avons le sentiment que l'impunité a encouragé cette violence à l'encontre des Asiatiques et que cette impunité est encouragée par les pouvoirs publics "défoulez-vous sur les asiatiques" car ils ne protestent pas et aussi par un traitement médiatique partial et injuste " ils ont de l'argent sur eux, ils sont riches puisque commerçants, et de plus ils ne portent pas plainte ".
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
Après une première manifestation en 2010, nous avons réuni, cette année, plus de 25 000 signatures dans une pétition adressée au Premier Ministre et à son Ministre de l'Intérieur. Mais un mois après, aucune nouvelle de l'un ou de l'autre. Si d'autres minorités de France réclamaient de la même façon, les Pouvoirs Publics ne réagiraient vraisemblablement pas de la même façon. Cette ignorance et ce mépris du gouvernement n'est-elle pas une forme de discrimination?
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
Le Premier Ministre n'a pas tenu les promesses qu'il nous a fait il y a deux ans lors de la fête de printemps. Il oublie même qui nous sommes aujourd'hui. Nous ne sommes pas demandeurs d'une nouvelle législation, nous demandons un droit à la sécurité, juste des vidéo-surveillances et un peu plus de patrouilles dans les quartiers asiatiques et touristiques ainsi que l'arrêt des clichés sur les asiatiques riches et dociles. Enfin un dernier mot, un peu respect pour les 25 000 signataires de pétition, le pouvoir politique doit nous répondre !

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
Nous sommes dans une société de l'image où le poids des apparences n'a jamais été aussi fort. De nombreuses études mettent en évidence que l'apparence physique d'un candidat joue un rôle déterminant dans l'opinion que le recruteur va se faire de lui et donc dans ses chances d'obtenir ou non le poste. Une personne obèse a, par exemple, 2 fois moins de chance d'obtenir un entretien et 2,5 fois moins de chance s'il s'agit d'un homme disgracieux (résultats des testing menés par l'observatoire des discriminations), on atteint même 3 fois moins de chance s'il s'agit de postes en contact avec la clientèle. La discrimination sur l'apparence physique, comme la plupart des discriminations, repose sur des stéréotypes et des idées reçues : les personnes en surpoids seraient lentes et paresseuses, les très belles femmes superficielles et stupides, ceux qui ont un tatouage des marginaux, ceux qui ont des cicatrices sur le visage des bagarreurs, les clients seraient plus sensibles à la beauté de la commerciale qu'à la qualité de ses produits; etc ... Le principal problème avec la discrimination sur l'apparence physique est non seulement qu'elle est extrêmement répandue mais surtout qu'elle est socialement beaucoup plus acceptée que d'autres formes de discrimination. S'il est choquant pour beaucoup de ne pas être recruté à cause de sa couleur de peau, de son sexe ou de son handicap, il parait normal à la plupart des gens de privilégier une jolie jeune femme pour un poste à l'accueil ou un charmant jeune homme pour être vendeur de vêtement.
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
Nous avons lancé un groupe de travail en début d'année avec des entreprises adhérentes de l'IMS et nous avons également accompagné CASINO dans la rédaction d'un guide pratique à destination de leurs managers. Nous nous sommes aperçus que très peu d'entreprises travaillent aujourd'hui sur ce sujet. Il y a un vrai travail de sensibilisation à faire, déjà dans un premier temps pour définir de quoi on parle. La notion d'apparence physique peut être très large : poids, taille, beauté, cicatrices, coiffure, mais aussi piercing tatouage, tenue vestimentaires, look. Il y a également des liens à faire avec d'autres sujets de discrimination comme la couleur de peau, l'âge, le sexe, le handicap visible, l'orientation et l'identité sexuelle. L'apparence physique est un thème qui concerne chacun d'entre nous : nous pouvons tous être exclus sur l'image que l'on renvoie et nous avons tous tendance à juger les autres sur ce qu'ils paraissent et non sur ce qu'ils sont réellement.
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
Il n'y a pas besoin de nouvelle loi sur le sujet. La France est aujourd'hui avec la Belgique le seul pays européen qui reconnait légalement la discrimination sur l'apparence physique. C'est officiellement depuis 2001, l'un des 20 critères que la loi interdit de prendre en compte dans l'accès à un stage ou un emploi, dans l'évolution de carrière ou la rémunération. D'un point de vue juridique, on entend par "apparence physique" tout ce sur quoi la personne n'a pas de prise comme sa taille, son poids, les traits de son visage, ses cicatrices. A l'inverse, la tenue vestimentaires et le look par exemple ne font pas partie juridiquement des critères de discrimination. Une entreprise peut exiger le port d'une tenue spécifique, refuser le port de jogging, de tongs ou de tenues trop sexy sur le lieu de travail. Beaucoup de recruteurs sont très sensibles à la façon dont les candidats se présentent lors des entretiens d'embauche. Ils y voient un signe sur la capacité d'adaptation et la maîtrise des codes de l'entreprise par les candidats.

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
Ce type de discrimination est bien réel, mais il s’exerce de façon plus sourde et peut concerner tous les types d’entreprises, y compris celles qui se montrent très en pointe sur les questions de diversité. D'autre part, elle apparaît souvent liée à la discrimination liée à l’âge, du fait d’une certaine recherche du " jeunisme".
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
L’ANDRH valorise et utilise à plein le label diversité qu’elle a créé pour le compte de l 'Etat. Le label décerne après audit d'un organisme‎ certificateur indépendant et qui implique fortement les partenaires sociaux, intègre toutes les formes de discrimination et " ausculte" de près les procédures RH de ce point de vue: recrutement, carrière, formation, évolution professionnelle.
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
Plutôt que de légiférer à nouveau, appuyons nous déjà et faisons vivre l’arsenal existant, qu’il s’agisse notamment du code du travail ou des mécanismes incitatifs, tels le label diversité.

Quel constat faites-vous sur les discriminations liées à l’apparence physique aujourd’hui ?
Avec la crise économique et la montée des discours politiques et intellectuels haineux, la problématique des discriminations se trouve dans un moment inquiétant : alors que les discriminations restent une réalité fréquemment rencontrée par les personnes d’origine immigrée et ultramarine, le discours public a tendu à faire disparaître cette préoccupation de l’agenda politique, voire à justifier ou favoriser objectivement des pratiques discriminatoires en laissant déployer les logiques de bouc émissaire. Alors que la crise économique crée par exemple des files d’attente en matière d’emplois et donc multiplie les occasions de discriminations, c’est au nom de cette même crise que les pouvoirs publics ont eu tendance à justifier l’inaction sur ce sujet ces dernières années.
Comment luttez-vous contre ce type de discrimination ?
SOS Racisme utilise essentiellement deux axes pour lutter contre ces discriminations. Tout d’abord, l’arme judiciaire puisque, fort heureusement, le droit français réprime la discrimination fondée sur l’apparence physique. Les procédures engagées par SOS Racisme ces dernières années permettent non seulement de faire vivre ce droit mais également de rappeler régulièrement dans l’espace public que la République s’est donnée des lois qui interdisent les pratiques discriminatoires. Par ailleurs, lutter contre les discriminations, c’est également lutter contre les discours de haine qui les justifie et lutter contre les préjugés qui en sont souvent au fondement. C’est ainsi que, sur ce dernier point, SOS Racisme intervient en milieu scolaire pour déconstruire les préjugés, travail qui se déploie également à l’occasion hors cadre scolaire par des interventions dans le débat public.
Selon vous, faut-il légiférer ? Quelles évolutions souhaiteriez-vous ?
La loi en France est déjà très sévère sur le papier en matière de discrimination. Une personne qui discrimine dans des secteurs et sur des critères retenus par la loi dans l’article 225 du Code pénal risquent jusqu’à 3 ans de prison et 45.000 euros d’amendes. Cependant, sur le plan judiciaire, deux problèmes se posent : - une certaine ineffectivité de la loi, en raison d’une logique d’enquête insuffisante et d’une trop grande méconnaissance des processus discriminatoires au niveau des services de police et de justice. - une absence de « class actions », permettant, notamment en matière d’emploi et de logement, de rendre plus effectif l’application du droit. Cependant, sur ce dernier point, une proposition de loi va prochainement introduire ces « class actions » dans le droit français, ce dont nous nous réjouissons.

  Commentaires ( 2 )

  1. Les victimes de racisme sont bien crues sur parole, sans preuves nécessaires, pourquoi les discriminations au physique, doivent elles être automatiquement prouvées ?

    Si elles sont difficiles, voir quasiment impossibles de l’être, une personne qui va nous discriminer sur notre physique ingrat, ne nous le dira jamais clairement, il faut des témoins, mais qui voudra nous soutenir ? Les preuves sont déjà assez évidentes, quand on voit que dans une entreprise, la plupart ont un physique agréable et d’autres normal et que vous ne voyez jamais de personnes en dessous de la moyenne physiquement être embauchées, quand les victimes sont systématiquement écartées de l’emploi et sont au chômage très longtemps, c’est déjà un indicateur suffisant ?

    Quand elles n’arrivent même pas à décrocher un emploi qui ne nécessite ni diplôme, ni expérience, ni qualification spécifique, pour celles qui n’ont pas eus de diplômes, ce sont déjà des preuves assez évidentes.

    De plus, dans les entreprises, on voit des asiatiques, des africains, des arabes, des maghrébins, des antillais, des sud et nord américains, mais rarement des laids ou des handicapés, les deux catégories les plus méprisées dans le monde entier, la laideur étant également un handicap, mais non reconnu officiellement comme telle, par la MDPH ou autre organisme lié au handicap, les personnes issues de minorités ethniques réussissent ailleurs dans le pays ou dans le monde, les moches et handicapés, nulle part, ni dans le pays, ni ailleurs dans le monde, conclusion, la discrimination au physique est plus grave, car plus destructrice, plus traumatisante, les cas de suicides sont plus fréquents chez les victimes de discrimination au physique, en revanche, je n’ai jamais entendue parler de suicide chez les minorités ethniques, même si ça existe, ça reste tout de même assez rare.

    Le cas du racisme, ne tient plus vraiment debout, les discriminations que rencontrent certains étrangers, comme certains européens, ne sont peut-être pas forcément dues au racisme, mais peut-être à un physique qui ne plaît pas, sinon, comment expliquer que certains issus de minorités ethniques réussissent et pas d’autres, pour les mêmes raisons, des français de souche, peuvent être discriminés.

    http://touch.metronews.fr/info/face-a-l-embauche-etre-moche-est-pire-qu-etre-noir-ou-arabe/mmjg!lwovwNQoH7eIc/

    Ou quand certains diplômés, restent sur le carreau et n’ont jamais travaillés de leur vie, il faut voir les témoignages sur les forums, des gens qui se plaignent de discriminations systématiques à leur encontre, qui ont du mal à trouver un emploi, un logement, le délit de faciès ou délit sale gueule, existe et pas uniquement sur le critère racial ou ethnique.

    La société sait parfaitement que les gens ayant un physique difficile ou un handicap, réussissent rarement dans la vie, si les victimes portent rarement plainte, c’est parce qu’ils font semblant de ne pas les croire, qu’ils ignorent leurs plaintes et qu’ils les laissent entendre qu’ils sont coupables de leur situation, on leur dit d’aller voir un psychologue, qu’ils sont dans un délire de persécution, qu’ils sont paranoïaques, ils ne leur conseillent pas un tribunal, ils leur conseillent un suivi psychologique ou l’internement psychiatrique, ils essayent de les décrédibiliser, forcément, ça n’encourage pas à porter plainte, c’est un peu comme si ils disaient que les enfants battus l’on cherchés.

    Il faut aussi voir ce qui se passe, concrètement sur le terrain, quand, comme par hasard, les individus avec un physique ingrat, ne réussissent jamais dans la vie, ce sont déjà des preuves évidentes et solides, seuls les résultats comptent, où sont les droits, l’égalité et les libertés individuelles ?

    Les laids sont objectivement impopulaires, pas étonnant que dans une société, qui ne jure que par l’apparence physique, ils aient des ennemis partout, où qu’ils aillent, quoi qu’ils disent, quoi qu’ils fassent, ils ont toujours tort, pas besoin d’histoires loufoques de complot pour ça, si on les traite comme des fous, ça explique aussi peut être le nombre de personnes internées dans des asiles et qui sont encore une fois de plus des gens qui ne sont pas gâtées par la nature, je n’ai aussi, bizarrement jamais vue de SDF beaux, dans la moyenne à la rigueur, mais beaux…

    On ne peut pas montrer du doigt ce qui se passe ouvertement aux États-Unis, comme pour le cas de beautiful people ou abercrombie and fitch, alors que ça se passe déjà hypocritement en France.

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