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Bilan 2015 de l'info diversité : l'année de tous les débats

Écrit par la rédaction de Respect mag

Réfugiés : les chiffres de 2015

Réfugiés : les chiffres de 2015 par la rédaction de Respect mag

Des millions de personnes se déplacent et quittent les frontières de leurs pays pour fuir la guerre, des situations d’urgence environnementale à l’heure du dérèglement climatique, ou, tout simplement, en vue de vivre dans de meilleures conditions. La France, une terre d’accueil, d’asile ?

Combien de demandes d’asile en France ?

Le lundi 7 septembre, François Hollande a annoncé que la France doit accueillir, en deux ans, 24 000 nouveaux migrants (principalement syriens, érythréens et irakiens). L’Hexagone avait déjà annoncé s’apprêter à recevoir 9 000 migrants en juillet. Cela fait suite à la décision des Vingt-Huit de répartir 120 000 personnes entre les différents pays en vue de soulager les nations se trouvant aux frontières européennes, comme la Grèce et l’Italie.

Si l’an dernier, un peu moins de 15 000 demandes d’asile (pour qu’un migrant devienne « réfugié ») avaient été acceptées (22 % des dossiers), en 2015, le nombre de demandeurs d’asile ne devraient pas augmenter. Il y en a eu 64 000 entre mars 2014 et mars 2015. Et entre janvier et juillet 2015, près de 38 000 migrants ont demandé la protection de la France, rapporte lacroix.com.

Les Français peu généreux ?
55 % des Français, interrogés début septembre par Odoxa, pour Le Parisien, se déclarent opposés à ce que la France assouplisse les conditions d’octroi du statut de réfugié aux migrants, notamment syriens, comme l’a fait l’Allemagne.

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© AFP Photo / Nikolay Doychinov

Les migrants économiques, une chance pour la France ?

Selon Emmanuelle Auriol, économiste à la Toulouse school of economics, interrogée sur France Culture, « 70 % de la croissance de la population active dans la zone européenne sont dus aux migrants. » Et de poursuivre : « Ils sont jeunes, en bonne santé, n’ont pas d’enfants, travaillent, paient des taxes. Ils ont tendance à favoriser la croissance, car ils remplissent des tâches que les gens ne veulent pas faire. » En juin dernier, trois économistes avaient publié une étude qui allait dans le même sens : l’immigration contribuait à la performance économique de la France. « L’immigration ne réduit pas le revenu moyen des Français », précise, au Figaro, l’un des trois auteurs, le chercheur à la Sorbonne Dramane Coulibaly. L’OCDE, se basant sur une enquête entre 2001 et 2011, souligne que les immigrés représentent 15 % des entrées en emploi dans les secteurs en croissance (sciences et technologies) et 28 % au sein des métiers en décroissance, comme l’artisanat.

Jacques Attali : « Si nous nous fermons, nous décrocherons très vite »

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Jacques Attali © Jaqen / CC BY-SA 3.0
Selon l’essayiste Jacques Attali, la France a intérêt à « bien » accueillir les migrants qui frappent à la porte de la France.

Vous avez dénoncé le fait que la France n’accueille « pas bien » les migrants. Pourquoi y a-t-il eu si peu d’engagement en France au plus fort de la crise des migrants ?
Des migrants, il y en a 200 000 par an. La France fait ce qu’elle peut. Mais, en même temps, comme elle n’a pas de tradition d’accueil facile – car elle a choisi d’être un pays agricole et non pas maritime, alors qu’il y a les deux dimensions –, culturellement, elle est moins ouverte aux étrangers. Ce qui est idiot, car son peuple est constitué d’étrangers. Toute son histoire est ainsi faite. Elle a toujours été réticente. Elle a expulsé les juifs, puis les protestants. Il y a une tradition de méfiance qui lui est néfaste. A chaque fois que la France a expulsé les étrangers, cela a été très mauvais pour elle.

Dans un entretien accordé à France 2, en octobre dernier, vous avez expliqué : « Si nous nous replions sur nous-mêmes, nous sommes morts. » C’est-à-dire ?
Nous sommes morts dans le sens où nous allons nous suicider. Démographiquement, culturellement, économiquement. Le monde de sept milliards de personnes a beaucoup de choses à apporter aux uns et aux autres. Et si nous nous fermons et que nous n’écoutons pas les autres, nous décrocherons très vite. Et nous serons comme un coureur cycliste qui sort du peloton.

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Les déplacés environnementaux, enjeu du XXIème siècle ?



Désignés comme les « réfugiés climatiques » dans les médias, les déplacés environnementaux pourraient être un défi majeur du XXIème siècle. Si les instances internationales, telles que les Nations Unies commencent à analyser cette question, la COP21 devrait permettre de placer cet enjeu majeur sur le devant de la scène, car nous sommes tous concernés.

« En droit international, le concept de ‘déplacé environnemental’ n’existe pas, ce qui prive des millions de personnes de toute protection juridique », écrivait Esther Benbassa, dans une tribune publiée sur Libération.fr, le 18 octobre 2015. La sénatrice EELV du Val-de-Marne a présenté avec le groupe écologiste une résolution sur la question, adoptée au Sénat à l’unanimité, en octobre dernier. Les élus ont donc décidé d’ « initier une prise de conscience », que la France se doit de défendre, notamment lors de la COP21. Une décision qui place la France dans les pays les plus concernés.

« Cette proposition de résolution, qui rejoint certaines des préoccupations du Quai d’Orsay en la matière, a pour objet d’inviter la France à prendre les décisions nécessaires afin de promouvoir, au sein des institutions européennes et internationales, la mise en œuvre de plans de prévention et de protection des déplacés environnementaux présents et à venir, qui ne bénéficient, à ce jour, d’aucune reconnaissance », ajoute Esther Benbassa. Si d’autres, notamment au sein de l’extrême-droite, réfutent l’idée d’accueillir des « déplacés environnementaux », dit « réfugiés climatiques » dans les médias, ce phénomène est déjà présent dans les faits.

Les chiffres
L’Asie représente 87% des migrants climatiques intérieurs recensés dans le monde en 2013, selon un rapport de l’IDMC.

22 millions de personnes ont dû abandonner leur domicile en 2013, d’après le rapport annuel Global Estimates du Conseil norvégien pour les réfugiés.

D’après l’ONU, il pourrait y avoir 250 millions de réfugiés climatiques en 2050.

1 personne déménage chaque seconde pour des raisons climatiques.

Selon l’UNICEF, 530 millions d’enfants vivent en zone inondable, dont environ 300 millions se trouvent dans des pays où plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté, avec moins de 3,10 dollars par jour. 50 millions se situent dans des pays avec un climat aride.

Les raisons climatiques sont nombreuses : inondation, moussons, sécheresse, cyclones, désertification…







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